Globalisation financière, quel bilan ? (A.Cartapanis)

Un bilan de la globalisation financière par André Cartapanis

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Financement études en Ecole de Management

http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/11/22/ecole-de-commerce-comment-alleger-la-facture_5035641_4401467.html#xtor=AL-32280270

Hausse du salaire minimum à Los Angeles

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/05/20/a-los-angeles-le-salaire-minimal-va-passer-de-9-a-15-dollars-de-l-heure_4636618_3222.html#xtor=AL-32280270

A Los Angeles, le salaire minimal va passer de 9 à 15 dollars de l’heure

Le Monde.fr avec AFP | 20.05.2015 à 08h20 • Mis à jour le 20.05.2015 à 17h10

La mesure entend lutter contre « le cancer de la pauvreté » dans la plus grande ville de Californie. La ville de Los Angeles a voté mardi 19 mai une augmentation du salaire horaire minimal, qui passera progressivement de 9 à 15 dollars.

Cette hausse s’étalera progressivement à partir de juillet 2016 pour atteindre 15 dollars en 2020 pour les entreprises de plus de vingt-six personnes et en 2021 pour celles de moins de vingt-six employés, selon ce projet, adopté par le conseil municipal par quatorze votes pour et un contre. Quelques exceptions permettront de contourner la mesure, comme dans certains cas pour les salariés de moins de 18 ans ou pour des organismes à but non lucratif.

Crainte de « conséquences imprévues »

Cette disposition profitera à « sept cent mille personnes en proie à des difficultés économiques », a affirmé le conseiller municipal Paul Krekorian, tandis que son confrère Mike Bonin a assuré qu’elle permettrait de faire face à « un cancer de Los Angeles, la pauvreté ».

La hausse du salaire minimal a été validée après huit mois d’intenses débats et trois études pour anticiper son impact économique. Le conseiller municipal républicain Mitchell Englander, le seul à avoir voté contre la proposition, a expliqué qu’il s’y était opposé par crainte qu’une hausse « unilatérale » du salaire minimal ait des « conséquences imprévues telles que des pertes d’emploi, des réductions subies des heures travaillées, et rende impossible pour des secteurs d’activité entiers d’exercer dans la ville de Los Angeles ».

Le maire de la ville, Eric Garcetti, s’est quant à lui félicité d’une proposition qui bénéficiera au « million d’habitants de Los Angeles qui vivent dans la pauvreté ».

Un mouvement à New York

Plusieurs villes de la côte ouest, dont Seattle et San Francisco, ont déjà voté l’an dernier une augmentation des salaires horaires, étalée sur plusieurs années, pour atteindre 15 dollars de l’heure.

Washington et New York étudient également un éventuel relèvement à ce niveau. Un mouvement d’employés de la restauration rapide pour gagner 15 dollars de l’heure a démarré il y a deux ans et demi à New York et s’est étendu au pays tout entier. Dans cette ville, le salaire minimal est actuellement de 8,75 dollars de l’heure et doit modestement passer à 9 dollars l’an prochain.

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Discrimination et CV anonyme

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/19/la-fin-du-cv-anonyme_4636135_3234.html#xtor=AL-32280270

La fin du CV anonyme

LE MONDE ECONOMIE | 19.05.2015 à 11h01 • Mis à jour le 20.05.2015 à 18h02 | Par Anne Rodier

La généralisation du CV anonyme n’aura pas lieu. Le ministre du travail, François Rebsamen l’a annoncé, mardi 19 mai, en présentant 13 mesures pour lutter contre les discriminations en entreprise, inspirées du rapport d’un groupe de travail présidé par Jean-Christophe Sciberras, ex-patron de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), remis dans la matinée au gouvernement.

Ce rapport rejette le « caractère obligatoire de l’anonymisation des CV », jugé globalement « inefficace » et « coûteux ». C’est la loi sur l’égalité des chances, qui, le 31 mars 2006, avait rendu le CV anonyme obligatoire pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés. Il n’a toutefois jamais été appliqué, faute de décrets d’application.

En 2006, le CV anonyme était apparu comme une excellente idée pour lutter contre les discriminations à l’embauche. Les études allemande (« Anonymous job applications of fresh Ph.D economists », d’Annabelle Krause, 2012) et suédoise (« Do anonymous job application procedures level the playing field » ? d’Olof Åslund et d’Oskar Skans, 2012) en ont établi l’efficacité dans leur pays respectif. L’enquête suédoise a montré que « les procédures anonymes augmentent les chances des femmes et des candidats d’origine non occidentale d’accéder aux entretiens d’embauche ». Aux Pays-Bas aussi, « l’étude [« Blindfolded Recruiting », de Martin Boeg et Erik Kranendonk, 2013] a montré un effet très positif de l’anonymat pour les personnes issues de l’immigration au stade du tri des CV », rapporte le sociologue Jean-François Amadieu, qui a créé en 2003 l’Observatoire des discriminations.

« Inefficace sur le fond comme sur la forme »

En France, le CV anonyme a parfois été mis en œuvre, mais à tout petits pas. « La France traîne plutôt des pieds », estime M. Amadieu. La région Aquitaine et le Conseil général de l’Essonne ont mis en place un recrutement de cette nature. Mais les entreprises sont restées très en retrait ; 4 % seulement l’appliquaient, selon une enquête 2013 de l’Association pour l’emploi des cadres. « Jugé inefficace sur le fond comme sur la forme, pour les petites entreprises, le CV anonyme est source de difficultés. C’est un outil inopérant », estime Thibault Lanxade, vice-président du Medef chargé des TPE-PME. Le rapport Sciberras dénonce « la lourdeur et les éventuels effets pervers qu’il peut introduire dans les processus de recrutement », « son coût, les modalités pratiques, la nécessité d’anonymiser également la lettre de motivation ».

Le CV anonyme, bien qu’inscrit dans la loi, a toujours été l’objet de polémiques. Les associations qui y sont favorables, comme l’association antiraciste La Maison des Potes, lasses de réclamer son entrée en vigueur, ont saisi en juillet 2014 le Conseil d’Etat, qui a enjoint au premier ministre de prendre un décret d’application pour une mise en place dans les six mois. Mais cet ultimatum n’a pas été respecté.

Lire : Le gouvernement sommé de généraliser le CV anonyme

Après la conférence sociale de juillet 2014, une mission a été confiée à un groupe constitué de partenaires sociaux, d’acteurs de l’emploi et d’experts pour « formuler des propositions pour éclairer la décision publique ». Parmi eux se trouve Thomas Le Barbanchon, co-auteur avec deux autres économistes de l’Ecole d’économie de Paris et du Crest, Luc Behaghel et Bruno Crépon, de la première étude d’impact en 2011 du CV anonyme réalisée en France pour tester la faisabilité de sa généralisation. Le rapport remis aujourd’hui s’est appuyé sur cette étude réalisée dans huit départements, et qui, contrairement aux autres études européennes, concluait à un impact partiellement négatif du CV anonyme contre la discrimination.

La fin de la « lecture contextualisée » du CV

Menée avec Pôle emploi et des entreprises clientes de l’opérateur public, l’évaluation établit d’une part que l’anonymat « contrecarre la tendance des recruteurs à favoriser leurs semblables ». Ce qui est efficace contre les discriminations de genre. Mais d’autre part qu’« il pénalise les candidats issus de l’immigration ou résidant en zone urbaine sensible ». Ces candidats ont 1 chance sur 22 d’obtenir un entretien par CV anonyme (contre 1 chance sur 6 pour les autres candidats), alors qu’ils ont 1 chance sur 10 (contre 1 chance sur 8) avec des CV nominatifs !

Lire aussi : La généralisation du CV anonyme divise associations, entreprises et chercheurs

Ces résultats, qui furent alors contraires aux attentes du gouvernement, sont à manier avec prudence, souligne l’économiste Luc Behaghel, nominé au prix du meilleur jeune économiste 2015. Car les entreprises ont participé à l’expérimentation sur la base du volontariat et étaient probablement « les meilleurs de la classe ». L’anonymat a donc pu empêcher la discrimination positive. « Les recruteurs font une lecture contextualisée du CV, qui disparaît dans un CV anonyme », note M. Behaghel. Ce que dit aussi le groupe de travail : « Le CV anonyme ne permettrait pas de valoriser les différences », il « irait à l’encontre de la liberté de choix de l’entreprise et des candidats ». Ce à quoi Jean-François Amadieu réplique que « faire jouer les différences, ça s’appelle discriminer ».

Il existe trois types de recruteurs : le discriminant, le neutre et le non-discriminant, explique Yannick L’Horthy, professeur d’économie à l’Université Paris-Est. « Les premiers utiliseront d’autres canaux de recrutement, pour les seconds ça ne change rien, mais les non-discriminants ne pourront plus appliquer la diversité. La bonne réponse contre la discrimination n’est donc pas d’ôter une information mais d’en ajouter », dit-il. Car « c’est le manque d’information qui pousse l’employeur à exploiter tous les critères à sa disposition pour sélectionner ». Deux expériences menées en 2012 ont montré l’efficacité des labels – de type « Nos banlieues ont du talent », ou « Meilleur apprenti de France » – pour compenser la discrimination à l’embauche.

« Risques de démarches de contournement »

Enfin, le CV anonyme « risquerait de conduire à des démarches de contournement avec l’utilisation accrue d’Internet comme mode de recrutement », pointe aussi le rapport. En 2015, le CV est rarement le seul canal de recrutement. « Le premier contact pour le recrutement passe davantage par les réseaux sociaux et la cooptation, indique Sébastien Bompard, président d’A compétences égales, une association qui fédère les cabinets de recrutement qui s’engagent contre les discriminations. Rétablir l’anonymat sur le CV dans un second temps est un non-sens », explique M. Bompard, également membre du groupe qui a élaboré le rapport.

A la table du groupe de travail, le rejet du caractère obligatoire du CV anonyme n’a pas fait l’unanimité, à une voix près, celle de Samuel Thomas, délégué général de la Maison des Potes, association antiraciste à l’origine de la saisine du Conseil d’Etat. Le groupe de travail a fait dix-sept autres propositions pour lutter contre les discriminations à l’embauche, qui promettent autant de nouvelles polémiques.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/19/la-fin-du-cv-anonyme_4636135_3234.html#U4lZ6O4sdQ8mBY7M.99

Les accords régionaux : avantages et inconvénients

http://www.lenouveleconomiste.fr/financial-times/lavenir-incertain-des-accords-plurilateraux-de-libre-echange-27101/

L’avenir incertain des accords plurilatéraux de libre-échange

Martin Wolf, FT – Avantages et inconvénients des accords commerciaux plurilatéraux proposés par les Etats-Unis

Les propositions d’accords commerciaux plurilatéraux des États-Unis devraient-elles être bien accueillies ?

C’est une grande question, surtout pour ceux aux yeux de qui la libéralisation du commerce mondial est l’accomplissement ultime. Ils sont également très controversés.

Depuis l’échec du “cycle de Doha” et des négociations multilatérales (lancées peu de temps après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York), la politique du commerce mondial a évolué vers des accords plurilatéraux contractés au sein d’un sous-groupe limité de partenaires. Les plus importants ont été conduits par les États-Unis : le Trans Pacific Partnership (Partenariat transpacifique) et le Transatlantic Trade and Investment Partnership ou TTIP (Partenariat pour le commerce transatlantique et l’investissement).

Une étude du Conseil américain des conseillers économiques le rappelle, le programme commercial de l’administration Obama vise à mettre les États-Unis “au centre d’une zone commerciale intégrée couvrant près des deux tiers de l’économie mondiale et près de 65 % du commerce de marchandises des États-Unis”.

Le Trans Pacific Partnership ou TPP est une négociation entre 11 pays, où le Japon joue un rôle prépondérant. Les partenaires représentent à eux tous 36 % de la production mondiale, 11 % de la population mondiale et environ un tiers du commerce mondial des marchandises. Le TTIP est conclu entre les USA et l’UE, qui représentent 46 % de la production mondiale et 28 % du commerce de marchandises. Le principal partenaire non inclus dans ces négociations est, bien sûr, la Chine.

Certains des pays participants au TPP présentent encore d’assez fortes barrières aux importations. Le Conseil des conseillers économiques note des tarifs relativement élevés en Malaisie et au Vietnam, et un protectionnisme de l’agriculture au Japon. Il fait aussi valoir que les partenaires du TPP et l’Union européenne ont des barrières plus élevées à l’importation de services que les États-Unis.

Cependant, l’abaissement des barrières n’est qu’une partie de l’objectif des États-Unis. Le rapport du Conseil ajoute que, dans le TPP, Washington propose “des législations pour la protection du travail applicables et des politiques plus respectueuses de l’environnement”. Mais il recherche aussi “l’application rigoureuse des droits de propriété intellectuelle”. Dans le TTIP, “les deux parties cherchent un accord sur des disciplines transversales dans la cohérence et la transparence de la réglementation”. En d’autres termes, des règles plus compatibles les unes avec les autres et plus transparentes pour les entreprises. Ainsi, le TPP et le TTIP sont des mécanismes visant à façonner les règles du commerce international. Pascal Lamy, ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, fait valoir que “le TPP est la plupart du temps, mais pas uniquement, classique, lié aux questions d’accès aux marchés, de protectionnisme (…) Le TTIP est surtout, mais pas seulement, à propos (…) de convergence réglementaire”.

Que ces négociations aboutissent ou non dépendra du feu vert du Congrès américain donné à l’autorité de promotion du commerce. Mais devrions-nous souhaiter qu’ils réussissent ?

Les accords plurilatéraux sont aujourd’hui la meilleure façon de libéraliser le commerce mondial, au vu de l’échec des négociations multilatérales. Leurs nouvelles règles et procédures offrent le meilleur modèle pour l’avenir et ils apporteront des gains significatifs.

Ces arguments sont puissants. Pourtant, il y a aussi des contre-arguments.

Avec un capital politique limité, l’accent mis sur les accords commerciaux plurilatéraux risque de détourner les efforts de l’OMC. Ils pourraient saper la puissance des règles mondiales.

Jagdish Bhagwati, de l’Université Columbia, souligne ces risques. En outre, des accords commerciaux préférentiels risquent de fausser des chaînes complexes de production mondiales.

Une autre préoccupation : que les États-Unis utilisent leur influence pour imposer des règles qui ne sont pas dans l’intérêt de ses partenaires. Je m’inquiète moins des normes pour le travail et l’environnement que de la protection de la propriété intellectuelle, même si toutes peuvent être inappropriées. Il est faux de dire que des normes plus strictes sont dans l’intérêt de tous.

Au contraire, si les normes américaines devaient s’imposer, les coûts pourront être très élevés.

Enfin, les gains économiques risquent de ne pas être élevés. Le commerce est déjà sensiblement libéralisé et les gains baissent quand les barrières tombent. Une analyse du Trans Pacific Partnership réalisée par le Peterson Institute for International Economics à Washington estime que l’augmentation des revenus réels des États-Unis serait inférieure à 0,4 % du revenu national.

L’étude sur le TTIP publiée par le Centre for Economic Policy Research à Londres arrive à des chiffres légèrement plus élevés pour l’UE et les États-Unis : la mise en place du TPP et du TTIP pourrait relever les revenus réels des États-Unis de 1 % du PIB. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas grand-chose.

L’accord USA-UE ne soulève pas de préoccupations quant à une intimidation exercée par les États-Unis sur ses partenaires. En matière d’échanges commerciaux, les deux parties sont là de force égale. Le TTIP soulève cependant (plusieurs) inquiétudes. (…) Certains des obstacles qu’ils tentent de supprimer reflètent des attitudes différentes devant le risque. Les négociateurs devront concevoir un texte qui permette la coordination des procédures réglementaires – sur le dépistage des drogues, par exemple – sans imposer des préférences identiques. Si les Européens ne veulent pas d’organismes génétiquement modifiés, ils doivent être autorisés à conserver cette préférence. Si la politique commerciale piétine des terres sacrées, elle va mourir.

Enfin, nous avons la question délicate des règlements des litiges entre investisseurs et États. Beaucoup se plaignent que les choix politiques – systèmes de santé publique ou droit de contrôler les prix des médicaments – pourraient être mis en danger par des systèmes enclins à favoriser les entreprises. Les négociateurs nient avec ferveur. Il vaut mieux qu’ils disent vrai.

Dans l’ensemble, les résultats du TPP et du TTIP seront probablement positifs, mais modestes. Mais il y a des risques. Ils ne doivent pas devenir une alternative à l’OMC ou une tentative de repousser la Chine à la marge de l’élaboration de la politique commerciale. Ils ne doivent pas être utilisés pour imposer des règlements nocifs ou pervertir des règlements légitimes. Soyez prudents. Un excès de zèle pourrait se révéler contre-productif, même à la cause de la libéralisation du commerce mondial.

© The Financial Times Limited [2013].