Expliquer la faiblesse de l’inflation des biens et services (M.Aglietta)

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Michel-Aglietta-Pourquoi-cette-baisse-structurelle-de-l-inflation_3746396.html

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Quelles missions pour les banques centrales ? (B.Eichengreen) ECE2

Les missions des banques centrales sont depuis plusieurs années au coeur de nombreuses réflexions : la stabilité financière doit-elle être un objectif de la Banque centrale ? que faire face à la disparition de l’inflation ? qu’apporte l’indépendance des banques centrales ?

Ce court article de Barry Eichengreen a le mérite de synthétiser ces interrogations :

https://www.project-syndicate.org/commentary/central-bank-independence-in-question-by-barry-eichengreen-2017-11/french

L'inflation, toujours un objectif de politique monétaire ? P.Artus (ECE2)

La question des objectifs de la politique monétaire est ancienne. le maintien d’une inflation durablement faible pose problème aujourd’hui à la politique monétaire. Faut-il encore maintenir un objectif d’inflation, puisque celle-ci à quasiment disparu ? Quel indicateur utilisé pour réguler la politique monétaire quand l’évolution du niveau général des prix ne bouge pas alors que l’activité économique augmente et le chômage conjoncturel a disparu ?

https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/H988y_KeiZHfJo_o_dZJtQ==

2017, la fin de la déflation ? Entretien avec C.Reinhart (Le Monde 12/04/2017)

L’année 2017 viendra-t-elle rompre une décennie de déflation ?

Jusqu’à la crise financière mondiale de 2008-2009, la déflation avait quasiment disparu des préoccupations des dirigeants politiques et investisseurs des économies développées, à l’exception du Japon, qui depuis près d’une génération subit une incessante pression à la baisse sur les prix. Aujourd’hui, la crainte de la déflation tend à nouveau à s’atténuer.

Au milieu des années 1960, les économies développées sont entrées dans une période de pression inflationniste croissante, principalement déclenchée par une politique budgétaire et monétaire expansionniste de la part des Etats-Unis, pression que sont venues considérablement accentuer les hausses des prix du pétrole dans les années 1970. C’est ainsi que la stagflation, qui allie faible croissance économique et forte inflation, est devenue le nouveau terme à la mode à la fin de la décennie.

A cette période, la plupart des prévisions de marché ont extrapolé ces tendances, et annoncé une hausse ininterrompue des prix du pétrole et des produits de base. L’inflation est alors considérée comme un phénomène chronique, et les dirigeants se tournent vers un contrôle des prix et privilégient les politiques axées sur les revenus. Les taux d’intérêt réels à court terme (ajustés à l’inflation) deviennent constamment négatifs dans la plupart des économies développées.

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Paul Volcker, met fin à ce cycle prolongé, en resserrant la politique monétaire américaine à partir de 1979. La stagflation cède la place à une nouvelle expression : la désinflation, alors caractéristique de nombreuses économies développées, dont le taux d’inflation va passer de deux chiffres à un seul. Désinflation et déflation sont néanmoins deux choses différentes. Entre 1962 et 1986, pas une seule économie développée n’a enregistré une diminution annuelle des prix et, dans la plupart des marchés émergents, les taux d’inflation ont explosé jusqu’à atteindre des pourcentages à trois chiffres.

Les forces déflationnistes ont ensuite été libérées par les conséquences de la crise mondiale profonde et durable apparue en 2008. Le désendettement privé a fréquemment fait obstacle aux efforts de relance des banques centrales. En 2009, près d’un tiers des économies développées enregistrait une baisse des prix – une proportion record depuis l’après-guerre. Dans les années qui ont suivi, la déflation est restée forte par rapport aux niveaux observés depuis l’après-guerre, et la plupart des banques centrales ont systématiquement échoué à atteindre leurs objectifs d’inflation pourtant modestes (environ 2 %).

Un possible sursaut
Les projets de relance envisagés par le président américain Donald Trump sont certes susceptibles de produire davantage d’effets du fait que l’économie américaine approche du plein-emploi ; ils raniment l’espoir de voir le taux d’inflation américain s’orienter à la hausse. Mais l’existence d’un contexte monétaire resserré atténue l’ampleur probable d’un tel sursaut d’inflation : bien que la hausse prévue des taux directeurs américains s’inscrive dans le cadre de la  » normalisation  » la plus modeste et la plus progressive de l’histoire de la Fed, l’appréciation durable du dollar devrait limiter la hausse des prix d’un large ensemble de marchandises importées, ainsi que pour leurs concurrents domestiques.

Cela dit, le virage prévu en termes de comportement des prix ne concerne pas uniquement les Etats-Unis. Si les projections du Fonds monétaire international se révèlent correctes pour 2017, cette année sera la première depuis une décennie à ne voir aucune économie développée enregistrer une déflation. Peut-être les effets longtemps attendus d’une expansion monétaire historique portent-ils finalement leurs fruits. Il est probable que la dépréciation monétaire observée au Royaume-Uni, au Japon et dans la zone euro ait été un catalyseur à cet égard.

Si 2017 venait effectivement à rompre avec une décennie de déflation, il serait préférable que les grandes banques centrales ne soient pas tentées de surréagir si jamais, après environ dix ans de déceptions principalement baissières (et plus encore pour le Japon), l’inflation venait à dépasser les objectifs. L’idée selon laquelle des objectifs d’inflation plus élevés (aux environs de 4 %) seraient souhaitables gagne du terrain dans le milieu universitaire et politique : ils donneraient aux banques centrales davantage de marge de manœuvre pour abaisser les taux d’intérêt en cas de récession future.

Un facteur supplémentaire pourrait inciter les banques centrales à tolérer une inflation plus élevée, bien que leurs dirigeants ne l’admettent pas ouvertement : une dose régulière d’inflation, même modérée, contribuerait à réduire les montagnes de dettes publiques et privées accumulées depuis près de quinze ans…

par carmen reinhart

La difficile lutte contre la déflation au Japon

Deux articles des Echos à propos de la déflation au Japon et de l’échec des politiques économiques pour en sortir:

Japon : inflation et consommation toujours en berne

Les Echos Le 27/12 à 08:09Mis à jour à 08:17

Baisse des prix et de la consommation pour le neuvième mois consécutif, légère remontée du chômage… L’économie japonaise est restée à la peine en novembre.

Quatre ans exactement après la mise en oeuvre des « Abenomics » et en dépit du vent d’optimisme qui a conduit récemment le gouvernement et la banque centrale à relever leurs anticipations sur l’activité , l’économie japonaise reste à la peine. Et les derniers chiffres publiés ce mardi continuent de dépeindre un tableau contrasté de l’état de santé de l’archipel.

A commencer par la situation des prix à la consommation, dont la faiblesse récurrente est au centre de l’action du gouvernement de Shinzo Abe. En novembre, hors produits périssables, les prix à la consommation ont affiché leur neuvième mois de repli en rythme annuel. Affichant, tout comme en octobre, une baisse de 0,4% sur 12 mois.

Un repli largement imputable à l ‘énergie et à l’alimentation puisque, si l’on exclut ces deux postes de dépenses, les prix affichent une progression annuelle de 0,1%. Et même si la hausse atteint 0,5% si l’on tient compte des produits périssables, l’objectif de 2% d’inflation visé par la banque centrale et le gouvernement apparaît toujours bien illusoire .

Et comme visiblement, pour Shinzo Abe, une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, la consommation des ménages japonais a encore reflué en novembre, là encore pour le neuvième mois consécutif. Elle baisse de 1,5% sur un an, un recul plus prononcé que la baisse de seulement 0,4% d’octobre, qui avait laissé espéré une amélioration de la situation.

Le chômage autour de ses plus bas niveaux depuis 20 ans

Une baisse qui montre bien que les Japonais restent prudents, en dépit d’une situation de l’emploi qui reste favorable : bien qu’il soit remonté de 0,1 point en novembre, à 3,1% de la population active, le taux de chômage continue de naviguer autour de ses plus bas niveaux en 20 ans.

Et les chances d’être embauché demeurent élevées puisque, selon les chiffres publiées par le ministère du Travail, il y a en moyenne dans l’archipel 141 offres d’emploi pour 100 demandes (140 en octobre). Du jamais vu en un quart de siècle, a précisé le ministère.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/0211635847392-japon-inflation-et-consommation-toujours-en-berne-2052989.php#tpOQYkxK5MxwkmfZ.99

La Banque du Japon a échoué à réveiller l’inflation

Yann Rousseau Le 01/11 à 09:04Mis à jour à 19:59


La banque centrale repousse encore une fois son objectif d’inflation. Elle n’avoue pas son échec de peur de déstabiliser les marchés

Le 7 octobre dernier, la Banque du Japon (BoJ), présentant son dernier relevé de comptes, affichait à son bilan un volume d’obligations japonaises proche du cap phénoménal des 400.000 milliards de yens (3.465 milliards d’euros) qu’au­cune autre grande banque centrale n’avait jamais osé tutoyer. Par comparaison, la Réserve fédérale américaine ne détient « que » 2.463 milliards de dollars (2.241 milliards d’euros) de bons du Trésor américain.

Ce mardi, la BoJ, qui amasse déjà 40 % de la totalité des obligations souveraines japonaises en circulation, a indiqué, à l’issue de son conseil de politique monétaire, qu’elle allait continuer à acheter de la dette publique, un programme initié en 2013. « Nous allons poursuivre les ajustements nécessaires pour maintenir une dynamique permettant d’atteindre notre objectif d’une hausse des prix à 2 % », a assuré, mardi, son gouverneur, Haruhiko Kuroda, après la réunion. Le cadre a toutefois perdu de son assurance.

Pari perdu

Après plus de trois ans d’ef­forts, la banque a échoué à ré­veiller l’inflation au Japon. En 2013, Haruhiko Kuroda promettait d’atteindre 2 % de hausse des prix dans les deux ans. En 2014, puis en 2015, il a repoussé ce calendrier. Désormais, il explique que l’objectif pourrait être approché durant l’année fiscale qui s’achèvera au printemps… 2019, après la fin de son mandat à la tête de la banque centrale.

Depuis sept mois, les prix, qui avaient artificiellement progressé à la suite d’une hausse de TVA et d’une chute du yen, ont pourtant repris leur mouvement baissier. En août, l’indice des prix à la consommation, calculé sans tenir compte des denrées périssables, a encore ac­cusé une baisse, en glissement annuel, de 0,5 %. En septembre, le rythme de chute a probablement été similaire, avancent les experts. « Il faut beaucoup de temps pour éradiquer l’état d’esprit déflationniste qui a pesé sur l’économie pendant quinze ans », a regretté le gouverneur, pointant les hésitations des en­treprises.

Timide rebond

S’ils anticipent un timide rebond de l’inflation en 2017, du fait de la légère hausse des prix de l’énergie, les analystes ne croient plus aux projections de la banque centrale. « Les anticipations d’inflation n’ont pas beaucoup progressé et la BoJ a épuisé ses options », résume Ryutaro Kono, le chef économiste de BNP Paribas. Il est convaincu que la BoJ a compris son échec mais agite encore la cible des 2 % pour ne pas effrayer les marchés. Si l’institution donnait le sentiment qu’elle renonce à sa politique monétaire accommodante, le yen bondirait, au grand désespoir des entreprises.

Yann Rousseau

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/0211450645762-la-banque-du-japon-repousse-a-lhorizon-2019-ses-promesses-dinflation-2039458.php#f3tf7elIOekSXllw.99

Politique monétaire au Japon (Les Echos)

http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0211311941919-la-banque-du-japon-modifie-sa-politique-monetaire-2029011.php#xtor=EPR-130

La Banque du Japon assouplit sa politique monétaire

Les Echos Le 21/09 à 07:26Mis à jour à 08:54
 
 

 

La Banque du Japon assouplit sa politique monétaire

Pour tenter d’atteindre son objectif d’une inflation à 2 %, l’institut d’émission nippon adopte une stratégie plus flexible.

Si elle a laissé son principal taux directeur inchangé à -0,1 % , la Banque du Japon a dévoilé ce mercredi matin un nouvel arsenal afin de tenter de relancer l’activité économique et l’inflation dans le pays. Une nouvelle stratégie qui a immédiatement fait bondir la Bourse de Tokyo et se replier le yen.

La Banque du Japon a notamment abandonné sa cible de monnaie centrale en faveur d’un système de « contrôle de la pente de la courbe des rendements ».

Avec ce système, la Banque du Japon continuera d’acheter des obligations d’Etat à long terme dans le but de maintenir les rendements à 10 ans à leur niveau actuel, proche de zéro. Elle La BoJ continuera par ailleurs à acheter des bons du Trésor à long terme au rythme actuel de 80.000 milliards de yens.Dans le nouveau cadre, qui rajoute le contrôle de la courbe des taux à l’actuel programme de QQE, la BoJ, si elle devait à nouveau assouplir sa politique monétaire, enfoncerait les taux en territoire négatif, abaisserait l’objectif de taux à long terme ou augmenterait sa base monétaire, a noté la banque centrale dans un communiqué.

Trois ans de politique sans effets sur l’inflation

Avec cette nouvelle stratégie, la Banque du Japon espère parvenir à faire remonter, à terme, l’inflation au niveau des 2 %. Un objectif qu’elle n’est pas parvenue à atteindre après trois ans d’achats massifs de titres sur les marchés financiers. L’institut d’émission nippon avait annoncé fin juillet qu’elle allait procéder à une évaluation approfondie de sa politique de taux négatifs et de son programme d’achats d’actifs, laissant entendre qu’elle envisageait de revoir ses priorités.

La politique dite d’ assouplissement quantitatif et qualitatif ou QQE pilotée depuis 2013 par le gouverneur de l’institution, Haruhiko Kuroda, était censée sortir le Japon de la stagnation et en finir avec les anticipations déflationnistes qui pèsent sur la consommation et l’investissement. Mais elle n’a pour l’instant pas donné satisfaction.

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