Faire face à la crise et éviter la trappe à la liquidité (J.Stiglitz)

https://www.project-syndicate.org/commentary/stimulus-policies-must-benefit-real-economy-not-financial-speculation-by-joseph-e-stiglitz-and-hamid-rashid-2020-06/french

Quelle est la bonne manière de stimuler l’économie ?

NEW YORK – Les gouvernements du monde entier ont réagi vigoureusement à la crise de la COVID-19, avec une réponse budgétaire et monétaire combinée qui a déjà atteint 10% du PIB mondial. Pourtant, selon la dernière évaluation mondiale du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, ces mesures de relance pourraient ne pas stimuler la consommation et l’investissement autant que ce que les décideurs politiques n’espèrent.

    Le problème est qu’une partie importante de l’argent est acheminé directement vers des réserves de fonds propres, entraînant une augmentation des stocks de précaution. La situation s’apparente au « piège à liquidité » qui a tant inquiété John Maynard Keynes pendant la Grande Dépression. Les mesures de relance d’aujourd’hui ont naturellement été déployées à la hâte – presque dans la panique – pour contenir les retombées économiques de la pandémie. Bien que cette approche « pompier » n’ait été ni ciblée, ni précise, de nombreux commentateurs diraient que c’était la seule option à l’époque. Sans une injection massive de liquidités en urgence, il y aurait probablement eu des faillites généralisées, des pertes de capital organisationnel et une récession encore plus profonde. Pourtant, il est désormais clair que la pandémie durera beaucoup plus longtemps que quelques semaines, comme cela avait été initialement supposé lors de l’adoption de ces mesures d’urgence. Cela signifie que ces programmes doivent tous être évalués plus attentivement, dans une perspective de long terme. Pendant les périodes d’incertitude profonde, l’épargne de précaution augmente généralement car les ménages et entreprises s’accrochent à la trésorerie par crainte de ce qui les attend. La crise actuelle ne fait pas exception. Une grande partie de l’argent que les ménages et les entreprises reçoivent sous forme de chèques de relance restera probablement inutilisée sur leurs comptes bancaires, en raison des inquiétudes quant à l’avenir et d’une réduction plus générale des opportunités de dépenses. Dans le même temps, les banques devront probablement s’asseoir sur leur excédent de liquidité, faute d’emprunteurs solvables désireux de contracter de nouveaux prêts. Sans surprise, les réserves excédentaires détenues dans les institutions de dépôt américaines ont presque doublé entre février et avril, passant de 1,5 billion à 2,9 billions de dollars. À titre de comparaison, les réserves excédentaires détenues dans les banques pendant la Grande Récession n’avaient atteint que 1 billion de dollars. Cette augmentation massive des réserves bancaires suggère que les politiques de relance mises en œuvre jusqu’à présent ont eu un faible effet multiplicateur. De toute évidence, le crédit bancaire à lui seul ne nous sortira pas de l’impasse économique actuelle.

    Pour aggraver les choses, l’excès de liquidité actuel peut entraîner un coût social élevé. Au-delà des craintes habituelles au sujet de la dette et de l’inflation, il y a également de bonnes raisons de penser que l’excédent de trésorerie des banques ne soit orienté vers la spéculation financière. Les marchés boursiers connaissent déjà de folles fluctuations quotidiennes. Cette volatilité pourrait à son tour perpétuer le climat d’incertitude accrue, conduisant à un comportement encore plus prudent et décourageant à la fois la consommation et les investissements nécessaires pour permettre une reprise.

    Dans ce cas, nous serons confrontés à un piège à liquidité, ainsi qu’à une énigme de liquidité : une augmentation massive de la masse monétaire combinée à une utilisation limitée de celle-ci par les ménages et entreprises. Des mesures de relance bien conçues pourraient aider une fois que la COVID-19 aura été maîtrisée. Mais, tant que la pandémie fait rage, il ne peut y avoir de retour à la normalité. La clé pour l’instant est donc de réduire les risques et d’augmenter les incitations à dépenser. Tant que les entreprises craignent que l’économie reste faible pendant encore six mois ou un an, elles retarderont l’investissement, retardant ainsi la reprise. Seul l’État peut briser ce cercle vicieux. Les gouvernements doivent se charger d’assurer contre les risques actuels, en offrant une compensation aux entreprises dans le cas où l’économie ne se rétablirait pas à un certain moment. Il existe déjà un modèle pour ce faire: des « titres Arrow-Debreu » (portant le nom des économistes lauréats du prix Nobel Kenneth Arrow et Gérard Debreu), dont le paiement serait déclenché par certaines conditions prédéterminées. Par exemple, le gouvernement pourrait garantir que, si un ménage achète une voiture aujourd’hui et que la courbe épidémique demeurait à un certain niveau dans six mois, les remboursements mensuels de son crédit auto seraient suspendus. De même, des prêts et hypothèques conditionnels au revenu pourraient être utilisés pour encourager l’achat d’une large gamme de biens de consommation durables, y compris du logement. Des dispositions similaires pourraient s’appliquer aux investissements réels réalisés par les entreprises. Les gouvernements devraient également envisager d’émettre des bons d’achat pour stimuler la consommation des ménages. Cela se fait déjà en Chine, où les gouvernements locaux de 50 villes émettent des bons numériques qui peuvent être utilisés pour acheter divers biens et services dans un certain délai. La date d’expiration en fait de puissants stimulants de la consommation et de la demande globale à court terme – au moment où c’est le plus nécessaire. La pandémie étant susceptible de durer beaucoup plus longtemps que ce qui avait été initialement supposé, il faudra encore davantage de stimulants. Bien que les États-Unis, par exemple, aient déjà dépensé 3 billions de dollars pour diverses formes d’assistance, en l’absence de mesures nouvelles – et, on l’espère, mieux conçues, cet argent aura simplement prolongé la vie de nombreuses entreprises de quelques mois, sans les sauver réellement. Une approche qui a fonctionné dans plusieurs pays consiste à fournir une assistance aux entreprises à condition qu’elles conservent leurs travailleurs, en soutenant la masse salariale et les autres coûts proportionnellement à la baisse des revenus de l’entreprise. Aux États-Unis, la parlementaire Pramila Jayapal, membre du Congrès de l’État de Washington, a proposé une législation dans ce sens, comme l’ont fait plusieurs sénateurs. Des programmes de relance mal conçus ne sont pas seulement inefficaces, mais potentiellement dangereux. De mauvaises politiques peuvent accroître les inégalités, semer l’instabilité et saper le soutien politique au gouvernement, précisément au moment où il est nécessaire pour empêcher que l’économie ne tombe dans une récession prolongée. Heureusement, il existe des alternatives. Il reste à voir si les gouvernements les accepteront. Les opinions exprimées ici ne reflètent pas celles des Nations-Unies ou de ses États membres.

    Traduit de l’anglais par Timothée Demont

    Montée du précariat et ploutocratie (N.Roubini)

    https://www.project-syndicate.org/commentary/main-street-manifesto-for-covid19-crisis-by-nouriel-roubini-2020-06/french

    Le manifeste du précariat

    NEW YORK – Si les manifestations de masse observées depuis le meurtre de George Floyd par un officier de police à Minneapolis dénoncent le racisme systémique et les violences policières aux États-Unis, elles sont le signal d’une révolte bien plus générale encore. Ceux qui envahissent aujourd’hui les rues de plus de 100 villes américaines incarnent une critique plus large du président Donald Trump, et de ce qu’il représente. Une importante sous-catégorie d’Américains de plus en plus endettés et socialement impuissants – Afro-Américains, Latinos, et Blancs dans une proportion croissante – se soulève actuellement contre un système qui l’a trahie.

    Ce phénomène ne se limite évidemment pas aux États-Unis. Rien qu’en 2019, des manifestations massives ont notamment secoué Bolivie, Chili, Colombie, France, Hong Kong, Inde, Iran, Irak, Liban, Malaisie, Pakistan. Si ces épisodes ont été déclenchés par des détonateurs différents, tous sont le reflet d’une colère face au malaise économique, à la corruption, et au manque d’opportunités économiques.Ces mêmes facteurs contribuent à expliquer la montée du soutien électoral en faveur des dirigeants populistes et autoritaires ces dernières années. Après la crise financière de 2008, de nombreuses entreprises ont cherché à booster leurs profits en réduisant les coûts, à commencer par celui du travail. Plutôt que de recruter des employés dans le cadre de contrats de travail formels accompagnés de salaires et d’avantages satisfaisants, elles ont adopté un modèle basé sur le temps partiel, le travail horaire, le travail indépendant, et le travail à la mission, donnant ainsi naissance à ce que l’économiste Guy Standing appelle le « précariat ». Dans cette catégorie, explique-t-il, un certain nombre de « divisions intérieures ont conduit à la diabolisation des migrants et d’autres groupes vulnérables, dont certains sont exposés aux dangers de l’extrémisme politique ».Ce précariat correspond à la version moderne du prolétariat de Karl Marx : une nouvelle classe de travailleurs aliénés et précaires, enclins à se radicaliser et à se mobiliser contre la ploutocratie (que Marx appelait la bourgeoisie). Cette classe est à nouveau en augmentation aujourd’hui, à l’heure où des entreprises hautement endettées répondent à la crise du COVID-19 comme elles l’avait fait après 2008 : en taillant dans les coûts du travail, tout en profitant des sauvetages pour atteindre leurs objectifs de bénéfices.L’un des segments du précariat se compose des jeunes conservateurs blancs, religieux, au faible niveau d’études, qui habitent les petites villes et les régions semi-rurales, et qui ont voté pour Trump en 2016. Ils espéraient que le nouveau président agirait enfin contre le « carnage » économique décrit dans son discours d’investiture. Seulement voilà, si Trump a mené une campagne populiste, il a en fin de compte , en réduisant l’imposition des plus fortunés, en malmenant travailleurs et syndicats, en s’attaquant à l’Affordable Care Act (Obamacare), et plus généralement en appuyant des politiques défavorables à de nombreux Américains qui avaient voté pour lui.Avant le COVID-19, et avant même l’arrivée au pouvoir de Trump, quelque 80 000 Américains mourraient déjà chaque année d’overdose médicamenteuse, tandis que de nombreux autres sombraient dans le suicide, la dépression, l’alcoolisme, l’obésité, et autres maladies liées au mode de vie. Comme le soulignent Anne Case et Angus Deaton dans leur livre intitulé Deaths of Despair and the Future of Capitalism, ces pathologies impactent de plus en plus les Blancs désespérés, faiblement qualifiés, sans emploi ou sous-employés – une cohorte qui voit son taux de mortalité en milieu de vie augmenter.

    Mais le précariat aux États-Unis se compose également de progressistes urbains, diplômés, qui depuis quelques années soutiennent des candidats de gauche comme les sénateurs Bernie Sanders pour le Vermont, ou Elizabeth Warren pour le Massachusetts. C’est cette catégorie d’Américains qui descend aujourd’hui dans la rue pour exiger non seulement la justice raciale, mais également des opportunités économiques (ces deux aspects étant en effet étroitement liés).

    Rien de tout cela n’est surprenant, dans la mesure où les inégalités de revenus et de richesse s’accentuent depuis des décennies, en raison de parmi lesquels la mondialisation, le commerce, les migrations, l’automatisation, l’affaiblissement des syndicats, la montée en puissance des marchés du tout au vainqueur, ou encore les discriminations raciales. Le système d’éducation, racialement et socialement ségrégué, nourrit le mythe de la méritocratie tout en consolidant la position des élites, dont les enfants accèdent systématiquement aux meilleures écoles puis aux meilleurs emplois (avant de se marier généralement avec leurs semblables, ce qui reproduit éternellement les conditions dont ils ont eux-mêmes bénéficié).Dans le même temps, ces tendances créent des boucles de rétroaction politiques via le lobbying, le financement des campagnes, et d’autres formes d’influence qui consolident encore davantage un régime fiscal et réglementaire favorable aux plus fortunés. Comme s’en amuse Warren Buffet lui-même, pas étonnant que le taux d’imposition marginal de sa secrétaire soit inférieur au sien.« Les manifestants critiqués pour avoir pillé des entreprises sans avoir au préalable constitué une société d’investissement privé », titrait récemment le journal satirique The Onion. Les ploutocrates tels que Trump et ses amis pillent en effet les États-Unis depuis des décennies, en usant d’outils financiers hautement techniques, de brèches juridiques en matière de fiscalité et de faillite, et d’autres méthodes leur permettant de puiser richesse et revenus dans les classes moyenne et ouvrière. Dans ce contexte, l’indignation des commentateurs de Fox News autour d’une poignée d’épisodes de pillage à New York et dans d’autres villes constitue le summum de l’hypocrisie morale.Ce n’est un secret pour personne : ce qui est bon pour Wall Street ne l’est pas pour la population générale, ce qui explique pourquoi les grands indices boursiers ont atteint de nouveau sommets alors même que la classe moyenne se retrouvait démunie et plongée dans un désespoir encore plus profond. Le top 10 % des ultrariches possédant 84 % des actions, et la base des 75 % n’en détenant aucune, un marché boursier en hausse n’apporte absolument rien au portefeuille de deux tiers des Américains.Comme le démontre l’économiste Thomas Philippon dans The Great Reversal, la concentration du pouvoir oligopolistique dans les mains des grandes sociétés américaines aggrave les inégalités, et marginalise les citoyens ordinaires. Quelques licornes chanceuses (startups valorisées à plus d’un milliard $), dirigées par quelques heureux vingtenaires, ne changeront rien au fait que la plupart des jeunes Américains vivent une existence de plus en plus précaire, exerçant un travail indépendant qui ne les mène nulle part.Certes, le rêve américain a toujours été davantage une aspiration qu’une réalité. La mobilité économique, sociale et intergénérationnelle n’a jamais été à la hauteur de ce que promettait le mythe du self-made man ou de la self-made woman. Mais à l’heure où cette mobilité sociale décline, pendant que les inégalités se creusent, les jeunes d’aujourd’hui ont raison d’être en colère.Version moderne du prolétariat, le précariat se soulève aujourd’hui. Pour paraphraser Marx et Friedrich Engels dans le Le Manifeste du parti communiste : « Puissent les classes ploutocrates trembler à l’idée d’une révolution du Précariat. Les précaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Travailleurs précaires de tous les pays, unissez-vous ! ».Traduit de l’anglais par Martin Morel

    Nouriel Roubini, Professor of Economics at New York University’s Stern School of Business and Chairman of Roubini Macro Associates, was Senior Economist for International Affairs in the White House’s Council of Economic Advisers during the Clinton Administration. He has worked for the International Monetary Fund, the US Federal Reserve, and the World Bank. His website is NourielRoubini.com.

    Innovation, commerce international et baisse des prix (X.Jaravel, Le Monde)

    Xavier Jaravel : « L’inflation est plus forte chez les pauvres que chez les riches »

    Xavier Jaravel, 30 ans, fait partie des trois nominés de l’édition 2020 du Prix du meilleur jeune économiste. Professeur à la London School of Economics, ses travaux portent en particulier sur les liens entre les dynamiques d’innovations et les inégalités. Il revient dans cet entretien au « Monde » sur son travail.

    Propos recueillis par Publié le 24 mai 2020 à 18h00 – Mis à jour le 25 mai 2020 à 10h24

    Xavier Jaravel.

    Vous avez tenté, par le biais de l’analyse de données, de brosser le portrait de l’inventeur. Comment avez-vous procédé ?

    Nous nous sommes posé des questions simples. Pour être un innovateur, vaut-il mieux avoir fait des études poussées, avoir de bons contacts, être issu d’un certain milieu ? En croisant les données américaines des brevets, de l’administration fiscale, des trajectoires éducatives etc., nous avons établi que le facteur déterminant n’était pas le niveau d’études mais l’origine sociale. Si vous êtes bon en maths, vous n’avez une bonne chance d’être un innovateur que si vous appartenez à un milieu aisé. Aux Etats-Unis, la probabilité qu’un enfant devienne un innovateur est dix fois plus élevée s’il appartient à une famille issue du 1 % des plus riche du pays. Le lieu géographique influe également fortement, y compris sur les domaines choisis. Les enfants de la Côte est seront portés vers la biologie et ceux de la Côte ouest vers l’Internet, même s’ils déménagent par la suite. Ces résultats, qui démontrent la prédétermination du milieu, sont précieux en politique publique pour élaborer des leviers sur lesquels on peut jouer pour attirer plus de jeunes vers l’innovation.

    Vous vous êtes également intéressé au lien entre l’innovation et les inégalités…

    D’habitude, on étudie ce sujet du point de vue des travailleurs, selon le secteur dans lequel ils travaillent. A l’inverse, je me suis intéressé au consommateur. J’ai trouvé que l’innovation est attirée par la richesse. Les innovateurs visent le marché des plus fortunés, dont le pouvoir d’achat augmente régulièrement. Il y a donc beaucoup plus d’innovation dans les produits haut de gamme que dans le bas de gamme. Cela a des conséquences inattendues. Ainsi, du fait de cette concentration de l’innovation sur les marchés haut de gamme, la concurrence y est plus vive et les prix plus tendus que dans les domaines moins innovants et très concentrés. Il y a plus d’innovation dans le whisky que dans la bière. Et dans ce domaine, les bières « innovantes », artisanales, sont plus consommées par les riches que par les pauvres. Du coup, l’inflation des produits est plus forte chez les plus modestes car il y a moins de concurrence. Cette étude, menée aux Etats-Unis, a montré que si l’on segmente l’inflation par catégorie sociale, près de 3 millions de ménages supplémentaires basculent sous le seuil de pauvreté en termes de pouvoir d’achat. Cela a une influence importante sur les politiques d’aides qui sont indexées sur l’inflation.

    Les délocalisations ont-elles eu également un impact sur le pouvoir d’achat ?

    Nous avons établi que sur la période entre 2000 et 2007, qui a vu disparaître 2 millions d’emplois aux Etats-Unis du fait des délocalisations, cela s’était accompagné en parallèle d’un gain de pouvoir d’achat de 400 000 dollars (365 000 euros) par emploi détruit. Autrement dit, le pouvoir d’achat des ménages s’est accru de 1 500 dollars par an, tout cela grâce à la dynamique de la concurrence qui a fait baisser les prix. Et pourtant, sur l’ensemble des dépenses des ménages, seules 2 % sont parties en Chine et 13 % vers le reste du monde. Contrairement à ce que l’on croit, l’économie américaine reste assez fermée.

    A la faveur de la crise actuelle, le sujet des relocalisations et de la démondialisation refait surface. Qu’en pensez-vous ?

    Ce n’est pas du tout la solution miracle. Cela concernera peu d’emplois, quelques centaines de milliers et va avoir un impact fort sur les prix au consommateur. Il vaudrait mieux imaginer une globalisation différente et réfléchir aux biens publics mondiaux comme la santé et à leur accès à tous.