Mise en oeuvre du plan de relance européen

Plan de relance européen : l’argent va enfin pouvoir arriver dans les caisses des Etats membres

Une étape cruciale a été franchie jeudi. Les Vingt-Sept ont ratifié le dispositif permettant à la Commission européenne d’emprunter sur les marchés et de financer le plan de relance européen.

Par Virginie Malingre(Bruxelles, bureau européen) Publié le 27 mai 2021 à 21h38 – Mis à jour le 28 mai 2021 à 07h26

Temps de Lecture 4 min.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après le sommet UE-Japon, à Bruxelles, le 27 mai 2021.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après le sommet UE-Japon, à Bruxelles, le 27 mai 2021. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

C’est fait ! La Commission européenne va enfin pouvoir emprunter sur les marchés et financer le plan de relance de 750 milliards d’euros (sous forme de subventions pour 390 milliards, et de prêts pour 360 milliards) qui doit aider les Vingt-Sept à faire face aux ravages économiques de la crise due au Covid-19. Jeudi 27 mai, les deux Etats membres dont les parlements ne s’étaient pas encore prononcés – l’Autriche et la Pologne – ont donné leur feu vert à l’opération. La veille, la Hongrie et la Roumanie en avaient fait autant.

Il aura fallu dix mois pour que cette étape cruciale soit franchie, après que les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont entendus, le 21 juillet 2020, au terme de quatre jours et quatre nuits de négociations, pour emprunter ensemble de quoi soutenir les pays les plus touchés par la pandémie.

Cela peut sembler long mais, dans l’histoire européenne, c’est quasiment un exploit. « Pour l’approbation du budget pluriannuel européen 2014-2020, il fallait aussi la ratification des Etats membres. A l’époque, cela a pris vingt-huit mois », confie un fonctionnaire européen. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Plan de relance européen : les Etats s’engagent dans la dernière ligne droite

Au total, ce sont vingt-deux parlements (composés de deux chambres au minimum) – dans cinq Etats membres, il n’est pas nécessaire de consulter les assemblées législatives – qui ont dû se prononcer sur un sujet politiquement délicat.

Entre d’un côté, les « frugaux » (Autriche, Danemark, Pays-Bas, Suède et Finlande), culturellement hostiles à la notion de dette commune, et de l’autre, la Pologne et la Hongrie, opposées à la mise en place du mécanisme de conditionnalité du versement des aides européennes au respect de l’état de droit, les risques de sortie de route étaient réels. Si un seul d’entre eux avait manqué, c’est tout l’édifice du plan de relance, péniblement mis en place, qui s’effondrait.

Un exercice qui doit rester « exceptionnel »

La tenue d’élections législatives (non prévues) aux Pays-Bas à la mi-mars a inquiété à Bruxelles, mais la réélection du premier ministre, Mark Rutte, a vite rassuré. En Allemagne, la suspension du processus de ratification par la Cour constitutionnelle, le 26 mars, à la suite d’un recours en référé qui contestait le mécanisme inédit de dette commune, n’aura finalement été que de courte durée.

Quant à la Finlande, où la ratification du plan de relance européen nécessitait une majorité qualifiée des deux tiers, elle a finalement donné son feu vert. En spécifiant que cet exercice devait rester « exceptionnel » et ne servirait en aucun cas de « précédent ». Il faut dire que, la veille du vote à Helsinki, Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission, avait évoqué devant le Parlement européen la perspective d’avoir « un instrument permanent » de dette commune… Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Le chemin de la reprise sera long » dans la zone euro, prévient l’économiste en chef de la BCE

In fine, ce sont Varsovie et Budapest qui ont donné les plus grosses sueurs froides à Bruxelles. La Commission craignait qu’ils tentent de monnayer leur ratification. En dehors des questions de respect de l’Etat de droit, les deux pays trouvaient trop lourdes certaines des exigences assorties au plan, comme l’obligation de consacrer 37 % des aides à la lutte contre le réchauffement climatique. En Pologne, alors qu’un membre de la coalition au pouvoir refusait de valider le principe d’un endettement commun des Européens, le gouvernement de Mateusz Morawiecki a dû recourir aux voix de la gauche à la Chambre basse.

« Politiquement, nous sommes au bout du processus de ratification », se réjouit la Commission, où l’on signale néanmoins que, même si c’est une simple formalité, cinq pays doivent encore notifier le vote à Bruxelles. Il manque ainsi la signature du roi aux Pays-Bas et celle du président en Hongrie, Roumanie, Autriche et Pologne.

Versements dès juillet

Dans ce contexte, la Commission européenne prévoit d’aller sur les marchés dès la deuxième quinzaine de juin, afin d’être en mesure de débourser les premiers fonds en juillet.

Il est prévu que les Etats membres pourront recevoir 13 % des aides auxquelles ils sont éligibles très vite. Afin de pouvoir prétendre aux fonds communautaires, chaque gouvernement doit au préalable présenter à Bruxelles un plan de relance national, qui en détaille l’utilisation, et doit associer réformes structurelles et investissements verts et numériques. La Commission a ensuite deux mois pour l’approuver, quitte à demander certains aménagements, et le présenter aux autres Etats membres qui ont, à leur tour, un mois pour le valider. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Plan de relance européen : en Italie, des milliards d’euros pour un nouveau destin

A ce jour, dix-neuf pays, dont la Finlande jeudi 27 mai, ont remis leur copie. Manquent encore à l’appel la République tchèque, l’Irlande, Malte, la Suède, la Roumanie, les Pays-Bas, l’Estonie et la Bulgarie.

Mais maintenant que le processus de ratification est arrivé à son terme, cela n’empêche pas les autres de pouvoir commencer à toucher les aides. Treize pays, dont la France (qui a droit à 40 milliards d’euros de subventions), l’Italie (69 milliards), le Portugal (14 milliards), l’Espagne (70 milliards) et l’Allemagne (26 milliards), ont communiqué leur plan fin avril et pourraient donc bénéficier d’une première salve de versements dès juillet.

Pour la suite, les décaissements (et donc les emprunts de la Commission) se feront, pour l’essentiel, jusqu’en 2023. Mais la Commission et les Etats membres pourront toujours interrompre le processus si un ou plusieurs pays n’étaient pas au rendez-vous des réformes et investissements promis. Ce qui laisse présager quelques rebondissements…

Virginie Malingre(Bruxelles, bureau européen)Contribuer

La crise du covid accentue l’hétérogénéité au sein de la zone euro

La pandémie de Covid-19 creuse le fossé en Europe, entre le Sud dépendant du tourisme et le Nord

Par Marie Charrel

Publié hier à 04h42, mis à jour hier à 11h21

DécryptagesTous les pays de la zone euro ne sont pas affectés de la même façon par la crise sanitaire. Les déséquilibres déjà existants entre l’Italie, le Portugal, l’Espagne ou la Grèce, et un Nord plus industriel, sont exacerbés.

C’est le symbole du luxe à l’italienne. Le « quadrilatère d’or » au centre de Milan, la capitale de la mode et du design, concentre un florilège de bijouteries haut de gamme, boutiques made in Italy et grands noms du chic – Gucci, Prada, Versace. « Nos clients sont des touristes internationaux ou de passage pour affaires, leur ticket moyen dans nos boutiques dépasse les 2 000 euros », se targue Guglielmo Miani, le président de MonteNapoleone District, l’association qui regroupe les 150 marques du quartier.

Mais depuis le début de la pandémie, à l’exception du rebond de l’été, les rues du quadrilatère sont presque désertes. D’après le cabinet Deloitte, le nombre de visiteurs y transitant a chuté de 8 à 3,4 millions entre 2019 et 2020. Et les touristes chinois ont disparu. « C’est une grosse perte pour Milan », se désole M. Miani. Il dirige la marque de confection Larusmiani, fondée en 1922 par son grand-père. « Les grands groupes compensent avec les ventes en ligne, mais pour les petits groupes familiaux comme le mien, où tout est fait main, c’est un peu plus difficile. » Contexte : Coronavirus : visualisez l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde

Le Sud touristique sinistré

Algarve, dans le sud du Portugal. En 2020, le tourisme régional a enregistré sa pire année de l’histoire, avec un nombre de nuitées tombé à 8,7 millions, contre 24 millions en 2019. « J’ai l’impression de revivre la crise de 2008 », confie Miguel Costa, 38 ans, cuisinier dans un restaurant dans la région. A l’époque, il avait choisi d’émigrer au Royaume-Uni, le temps que l’économie portugaise se relève. Il est rentré en 2015, alors que le tourisme décollait dans son pays. « Aujourd’hui, je songe à repartir. Les fins de mois difficiles, c’en est trop. »

Italie, Portugal, mais aussi Espagne, Grèce, Malte, Chypre : le sud de la zone euro, très dépendant du tourisme, est frappé de plein fouet par la pandémie et, surtout, par les restrictions de déplacements liées aux mesures sanitaires. « Le Covid-19 va aggraver les divergences déjà existantes entre le sud et le nord de la zone euro, c’est très préoccupant », souligne Patrick Artus, économiste chez Natixis.

Même s’ils sont eux aussi affectés, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et les pays nordiques tels que la Finlande ont enregistré une récession moins violente en 2020. Parce que leurs économies dépendent moins du tourisme international. Mais aussi parce qu’ils sont entrés dans la crise avec des finances publiques bien plus saines, leur permettant de déployer des plans d’urgence et de relance plus ambitieux que dans le Sud – celui de l’Allemagne dépasse 8 % du produit intérieur brut (PIB), contre 5 % en France, 4,3 % en Espagne et 3,4 % en Italie.

Au printemps 2020, ce fossé s’est cristallisé autour du plan de relance européen de 750 milliards d’euros, en partie financé par des dettes communes : pendant de longues semaines, les pays dits « frugaux » – Suède, Pays-Bas, Autriche, Danemark, auxquels s’est associée la Finlande – ont refusé de mettre au pot commun pour l’Italie, le Portugal ou la Grèce, les jugeant trop dépensiers. Face à l’aggravation de la pandémie, ils se sont néanmoins résolus à l’accepter. « Mais dans mon pays, l’idée que le Sud ne fait pas assez d’efforts est toujours très ancrée, souligne Philipp Heimberger, de l’Institut viennois des études économiques internationales (WIIW), en Autriche. Ces tensions risquent de ressurgir lorsque le débat sur les règles budgétaires européennes, pour l’instant suspendu, sera de nouveau sur la table. » Ce qui devrait arriver d’ici l’automne. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le plan de relance européen de 750 milliards d’euros est très loin de faire l’unanimité

Modèles de croissance très différents

En pénalisant les services plus que l’industrie, en accélérant la transition numérique et écologique, la crise jette les bases d’une Europe où l’Allemagne sortirait plus puissante encore de la récession. Car la pandémie a agi comme un électrochoc outre-Rhin. Berlin a pris conscience des fragilités de son modèle industriel, trop dépendant de la Chine, et de son retard en matière d’innovation face à l’Asie. « La leçon du Covid-19 est que nous devons investir plus dans les usines du futur », explique Rolf Najork, membre du directoire de Bosch, dans une tribune publiée par le géant industriel allemand. Et tout le secteur s’y est mis. « Notre tâche est désormais que l’industrie 4.0 devienne la norme du secteur. Voilà pourquoi nous investirons 500 millions d’euros dans la digitalisation de nos opérations industrielles ces cinq prochaines années. »

La Grèce et l’Espagne, luttant pour la survie de leur secteur touristique et dont l’industrie est spécialisée sur le moyen de gamme, sont loin de telles réflexions. « L’Espagne n’a aucune grande entreprise sur les créneaux d’avenir, le sud de l’Europe est en train de perdre la bataille de l’intelligence artificielle, loin derrière l’Allemagne », déplore Antonio Roldan, directeur du think tank EsadeEcPol, à Madrid. « L’industrie italienne est minée par une productivité stagnante et des investissements trop faibles », ajoute Nicola Borri, économiste à l’université Luiss Guido Carli, à Rome.

C’est qu’à bien des égards, en dépit des nuances régionales, les économies du nord et du sud de l’Europe ont choisi, dans les grandes lignes, des modèles de croissance très différents. « Le Sud repose plutôt sur la demande des ménages et les services, avec des institutions parfois déficientes », détaille Pawel Tokarski, spécialiste de la zone euro à l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité (SWP), à Berlin. Ce à quoi s’ajoutent un chômage structurel élevé et un niveau d’éducation de la population active relativement faible au regard de la moyenne européenne. Article réservé à nos abonnés Lire aussi « En Méditerranée, la dépendance au tourisme empêche la diversification »

« A l’inverse, l’Allemagne ou les Pays-Bas sont tournés vers l’offre et l’export, avec de forts excédents extérieurs et des services publics plus efficaces », complète Pawel Tokarski. Une des illustrations de ce modèle est le fameux Mittelstand, le tissu de PME allemandes. « Celles-ci sont très réactives et fonctionnent en réseau pour coller toujours au plus près à la demande internationale, sans rien attendre de l’Etat », illustre Patrick Brandmaier, DG de la chambre franco-allemande de commerce et d’industrie.

La France, elle, est dans une position intermédiaire. Ses institutions et ses administrations fonctionnent bien, la rapprochant du Nord, souligne Pawel Tokarski. Mais les faiblesses de son industrie, son déficit commercial préoccupant et sa dette publique élevée (116,5 % du PIB fin 2020 contre 70 % en Allemagne) la font basculer du côté du Sud… Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les Finlandais réticents au plan de relance européen

Si la crise du Covid-19 met douloureusement en lumière ces différences, elles ne datent pourtant pas d’hier. Elles ont des racines anciennes, liées aux cultures nationales, à la construction des Etats, à la géographie. « Elles étaient déjà présentes lors de la révolution industrielle du XIXe siècle, lorsque l’industrie s’est concentrée sur la dorsale européenne courant de la mer du Nord au nord de l’Italie, au détriment de la périphérie », détaille Laurent Chalard, docteur en géographie à Paris-IV-Sorbonne. Cette concentration a dessiné une carte de l’Europe où, au-delà des frontières nationales, certaines régions s’en tirent mieux que d’autres. En Italie, le fossé est ainsi vertigineux entre le Nord industriel, très connecté à l’Allemagne, et le Mezzogiorno du sud, plus pauvre.

Déséquilibres longtemps masqués

Lorsque, à l’après-guerre, les Européens se sont attelés à la construction du marché unique, ils savaient que l’intégration européenne était susceptible d’accentuer ces divergences, en favorisant les économies les plus productives.

« C’est précisément pour limiter les divergences que les fondateurs du marché unique ont très vite instauré les politiques de cohésion », rappelle Shahin Vallée, chercheur au Conseil allemand pour les affaires étrangères (DGAP)

« C’est précisément pour les limiter qu’ils ont très vite instauré les politiques de cohésion », rappelle Shahin Vallée, chercheur au Conseil allemand pour les affaires étrangères (DGAP). Ce sont les fonds structurels, visant à soutenir le développement des infrastructures, des institutions et des entreprises des régions européennes les moins riches.

Lorsque l’euro a été introduit, en 1999, les pères de la monnaie unique espéraient être allés suffisamment loin dans la convergence. Et que les règles budgétaires communes contribueraient à approfondir encore celle-ci. « Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé », résume M. Vallée. Au contraire, en supprimant le risque de change, l’euro a accentué la spécialisation productive des pays – tourisme dans le Sud, industrie sur la dorsale européenne. Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’euro, une construction encore inachevée

Longtemps, ces déséquilibres ont été masqués par le creusement de l’endettement extérieur en Espagne, en Grèce, au Portugal et dans une moindre mesure en France. Jusqu’à la crise de 2008, qui les fit exploser au grand jour. Face aux fragilités locales, les spéculateurs se déchaînèrent sur les dettes grecque, italienne, portugaise, jusqu’à ce que la BCE intervienne pour y mettre un terme. « Les politiques de rigueur qui ont suivi, dans le Sud, ont accentué encore les divergences, alimentant précarité et stagnation des niveaux de vie », ajoute M. Heimberger.

Les profondes réformes menées en Grèce ou en Espagne, le boom du tourisme et la politique de taux bas de la BCE ont néanmoins permis à ces économies de renouer avec la croissance à partir de 2015. Sans pour autant résoudre le problème de divergence : les Grecs et les Italiens n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de richesse de 2007… « Les exemples historiques montrent qu’une forme d’hétérogénéité est inévitable au sein d’une union monétaire, précisément du fait des spécialisations locales différentes », observe Laurent Chalard.

C’est notamment ce que l’on observe aux Etats-Unis, où la richesse par habitant varie plus que du simple au double entre les Etats les plus pauvres, comme le Mississippi, et les plus riches, comme New York. « Mais le budget fédéral, qui est de l’ordre de 23 % du PIB, compense ces écarts, explique Patrick Artus. Dans l’UE, le budget commun n’est que de 1,1 % hors plan de relance. »

« Il ne faut pas se résigner »

Est-ce à dire que la zone euro est condamnée à voir l’hétérogénéité se creuser entre ses membres ? Au risque que celle-ci se traduise par des tensions politiques croissantes, voire par la tentation d’une sortie de la monnaie unique, comme observé en Grèce, ou en Italie, lors de la dernière crise ? « Pas nécessairement, il ne faut pas se résigner », assure Shahin Vallée. Il estime qu’il convient d’aller plus loin dans les transferts budgétaires entre membres : Bruxelles en a pris la voie avec son plan de relance de 750 milliards, versé en partie sous forme de subventions.

Mais aussi, de poursuivre une politique industrielle commune, susceptible de profiter à tous les Etats membres. Comme l’UE a commencé à le faire, là encore, avec la construction d’une filière européenne des batteries électriques, par exemple. « Avec cette crise, les PME allemandes ont compris que de telles collaborations sont nécessaires, qu’il est parfois pertinent de construire des champions européens, tant qu’ils sont portés par une vraie logique économique », souligne Patrick Brandmaier. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Guerre commerciale : l’Europe s’arme enfin

Mais dans le Sud également, la pandémie a déclenché une prise de conscience. « Il est vrai que jusqu’ici, nos entreprises investissaient moins qu’au nord dans le numérique, mais elles s’y sont mises massivement ces derniers mois : des verrous ont sauté », constate Alessandro Cattani, PDG d’Esprinet. Implanté en Espagne et en Italie, son groupe aide des entreprises, en particulier des commerces, à déployer des solutions informatiques, notamment pour la vente en ligne. « Dans les deux pays, la demande a augmenté de plus de 10 % l’an passé, 2020 a été l’une de nos meilleures années, explique-t-il. On assiste à une petite révolution culturelle, et cela me rend optimiste pour l’avenir. » Marie Charrel