Comprendre la stagnation séculaire (G.Dufrénot)

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Gilles-Dufrenot-Comprendre-les-causes-de-la-stagnation-seculaire_3747982.html

G.Dufrénot est le co-auteur d’un ouvrage dont nous avons déjà parlé « L’austérité budgétaire: remède ou poison? »

 

Origine sociale et représentations de l’avenir

« Quand un jeune se sent dans une position sociale dominante, rien ne lui semble impossible en matière d’orientation »

La confiance dans ses choix d’orientation et la réussite dans l’enseignement supérieur est le résultat d’un long processus qui prend racine dès l’école, raconte Bernard Lahire, sociologue à l’Ecole normale supérieure de Lyon.

Propos recueillis par Publié aujourd’hui à 07h00, mis à jour à 09h09

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Bernard Lahire, professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure de Lyon
Bernard Lahire, professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure de Lyon © Bénédicte Roscot

Entre 2014 et 2018, un collectif de 17 chercheurs piloté par Bernard Lahire, professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure de Lyon, a mené une enquête sur la reproduction des inégalités, en dressant le portrait de 35 enfants de 5 ans. Si Enfances de Classe (Seuil, 2019), un travail sociologique d’une ampleur inédite, éclaire les déterminants de la réussite scolaire, il permet aussi de comprendre les inégalités d’accès et de réussite dans l’enseignement supérieur, comme l’explique Bernard Lahire.

Oser des choix d’études ambitieux, ne pas « s’autocensurer », avoir confiance dans ses possibilités : en quoi ces capacités individuelles sont-elles influencées par les origines sociales ?

Le système français est très hiérarchisé. Il existe d’importantes différences de réputation et de « valeur » entre les filières de bac, entre les mentions obtenues, entre les lycées d’origine… L’espace de l’enseignement supérieur l’est aussi : des filières les plus « populaires » que sont les BTS jusqu’aux classes préparatoires à l’autre bout du spectre, avec au milieu l’université et les IUT. Tout cela est inégalement « noble ». Quelqu’un qui a un bac général sait qu’il « vaut mieux » qu’un bac techno et pro. Il sait aussi que s’il est en S, il est plus « légitime » que quelqu’un qui est en ES ou en L.

« Les étudiants qui entrent dans le supérieur ont intégré les hiérarchies scolaires »

Ainsi, les étudiants qui entrent dans le supérieur sont déjà remplis de ces différences, ils ont intégré ces hiérarchies, et cela a des effets sur la perception qu’ils peuvent avoir d’eux-mêmes, de leur avenir, de leurs possibilités. Ils n’arrivent pas avec la même énergie scolaire, la même assurance… Pour certains, il est évident qu’ils vont aller jusqu’à bac + 5, pour d’autres, l’horizon, c’est péniblement deux ou trois années d’études.

Quand vous vous sentez dans une position dominante dans la société, rien ne vous semble impossible en matière d’orientation. Et plus vous avez d’assurance, moins vous doutez de vos capacités d’aller dans des filières d’études les plus prestigieuses. Récemment j’ai mené un entretien avec un fils de gynécologue qui me disait : « Je faisais le pitre, j’étais un élève moyen au collège puis assez catastrophique au lycée, j’avais 6 de moyenne dans des grosses matières. Mais j’étais pourtant certain de réussir médecine. » Il avait la confiance que lui donnait son statut social. Et dans les faits, il a eu le bac avec une mention assez bien, et médecine du deuxième coup. On ne retire pas à un enfant de la bourgeoisie la certitude qu’il a en lui.

Tout cela se conjugue à des effets de socialisation genrés. Des travaux montrent qu’à un niveau de performance égale, les filles s’autorisent moins que les garçons à aller dans les filières les plus prestigieuses. Et tout cela se conjugue avec les origines sociales.

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Lors d’une de mes dernières enquêtes, une jeune femme issue d’un milieu populaire qui avait réussi le Capes, et qui était parmi les premières au niveau national, continuait malgré tout à se sentir peu sûre d’elle, attribuait son succès à de la « chance », et vivait le syndrome de l’imposteur. Cela en dit long sur l’intériorisation de l’infériorité, et le complexe de réussite que peuvent entretenir des jeunes femmes issues de milieux ouvriers.

Dans Enfances de classe, vous montrez à quel point les enfants sont plus ou moins armés, selon leur milieu social, pour endosser le « métier d’élève » – et plus tard, le « métier d’étudiant ». Quels sont les facteurs les plus déterminants ?

De multiples facteurs entrent en jeu. Pendant les premières années, les enfants acquièrent des rapports différents, selon leur milieu familial, au langage oral et écrit, ce qui a un impact considérable sur la réussite de leurs études. Cela s’étend à la capacité à jouer avec les mots, à faire de l’ironie, qui sont des choses socialement plus développées dans les familles de classes supérieures, et qui permettent de prendre de la distance face au langage – une compétence que l’on demande à l’école.

« Plus on monte dans la hiérarchie des capitaux scolaires, plus les enfants, même à 5 ans, sont invités au quotidien à développer leur esprit critique »

En outre, les enfants de milieux aisés sont plus à l’aise avec la prise de parole. Nous avons observé qu’ils sont plus à même de développer une certaine aisance sociale et ont tendance à avoir une meilleure estime d’eux-mêmes. On voit dans Enfances de classe des enfants qui sont déjà des leaders à 5 ans, alors que leurs parents sont des leaders dans leurs métiers.

Nous avons observé que plus on monte dans la hiérarchie des capitaux scolaires, plus les enfants, même à 5 ans, sont invités au quotidien à développer leur esprit critique, à déconstruire les croyances, à analyser. Cela concerne la publicité, la politique, la religion, les histoires qu’on raconte aux enfants (le Père Noël ou la petite souris). Or, la prise de distance argumentée face à des situations, des images ou des textes fait partie des choses qu’on développe à l’école et pendant les études.

D’autres capacités ont un impact sur la réussite à l’école. Le rapport au temps par exemple, qui est plus ou moins spontané ou planifié. Certains enfants apprennent très tôt à se situer dans le temps, à savoir lire l’heure et les jours, d’autres sont moins encouragés à le maîtriser.

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Aussi, le rapport à la compétition est très marqué socialement. Cet esprit se cultive dans certains loisirs sportifs ou culturels et s’étend à l’univers scolaire. Les élèves de prépas et les gagnants des concours des grandes écoles, issus de milieux favorisés, ont intégré l’idée qu’il fallait en permanence être au top, toujours se dépasser, qu’on ne réussit pas sans un surtravail et une pression permanente.

A tout cela s’ajoutent les pratiques culturelles des parents, plus ou moins éloignées de l’univers scolaire. Si le week-end, votre seule sortie est la promenade au centre commercial, ce n’est pas comme être allé dans un musée où on vous explique que tel tableau est tiré d’une scène de la mythologie grecque ou de la Bible…

Vous parlez aussi du rapport à la lecture…

Pour les enfants des classes moyennes et supérieures, le livre est une évidence : on leur lit des histoires chaque soir, il y a des livres à la maison, on leur en offre en cadeau, on les abonne à des magazines, les enfants voient leurs parents lire, ils fréquentent des librairies et des bibliothèques. Tout cela fait que plus tard, un étudiant va se sentir plus ou moins « bien » dans une bibliothèque. Il n’aura aucun mal à y aller pour travailler ou emprunter des livres. Ce sont des habitudes culturelles qui s’ancrent très tôt. Pour ma part, venant d’un milieu populaire, je n’ai jamais réussi, même aujourd’hui, à me sentir complètement à l’aise dans une bibliothèque.

Vous montrez que le style d’autorité parentale a un impact sur la réussite dans un contexte scolaire… Cela peut-il avoir une influence dans les études supérieures ?

S’approprier le savoir scolaire nécessite d’accepter une forme spécifique d’autorité. Plus on monte dans la hiérarchie sociale, plus les parents pratiquent une forme d’autorité basée sur l’explication des bons comportements, la justification des règles – celles-ci sont même parfois affichées dans la maison, comme à l’école. Les enfants apprennent qu’il est dans leur intérêt d’agir selon ces règles explicites. Dans ces familles, on travaille sur l’autocontrôle des enfants, on prévient que si certaines choses ne sont pas faites, cela aura telles conséquences. A contrario, dans les familles plus populaires, nous avons observé que les parents ont davantage tendance à imposer l’autorité de l’extérieur. L’enfant fait ce qu’il veut jusqu’au moment où les parents disent stop car il dépasse les bornes, mais l’enfant a peu conscience de la nature de ces bornes. Certains ont ainsi du mal à intégrer les limites. L’autorité est donc quelque chose d’extérieur plutôt qu’elle n’est intériorisée.

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Ces comportements se prolongent en classe. Or, l’école ne fonctionne que sur le modèle d’autorité autocontraint. Par la suite, cela fait que les étudiants n’ont pas tous le même degré d’autonomie et d’autodiscipline. Pour réussir à l’université, en particulier, il faut pouvoir se mettre au travail par soi-même.

« A la fac, personne ne va vous sursolliciter, il est facile de se laisser couler »

Quand j’enseignais à des premières années, je disais bien aux étudiants, en particulier ceux issus de milieux populaires, de se faire des programmes de travail, de lire tous les jours, d’organiser leur temps de manière cadrée. A la fac, personne ne va vous sursolliciter, il est facile de se laisser couler. Il est capital de compenser par un travail personnel tout ce qu’on ne va pas vous demander, et qui est pourtant nécessaire. Et cela, c’est quelque chose pour lequel les étudiants sont très inégalement préparés.

Le problème, c’est que dans le système actuel, ce sont les élèves de classes préparatoires qui bénéficient des meilleures conditions d’encadrement. Or, ce sont aussi ceux qui savent déjà le mieux s’organiser, qui sont les plus autonomes… A côté, dans les universités, il y a moins d’heures de cours, moins d’encadrement, les étudiants ne sont pas évalués avant les partiels de janvier… Ils ont du mal à savoir ce qu’ils valent, alors qu’en prépa, les devoirs et les khôlles se succèdent chaque semaine, sans parler des concours blancs.

Avez-vous observé d’autres facteurs qui pèsent sur la réussite étudiante ?

Le degré d’autonomie matérielle dont dispose un étudiant joue un rôle considérable. Les parents les plus aisés peuvent aider leur enfant à payer son loyer, ses repas, ses transports, son ordinateur, pour qu’il puisse se consacrer uniquement à ses études. Ceux qui n’ont pas cette chance doivent travailler, parfois à mi-temps. Non seulement ils sont moins armés scolairement, mais ils vivent dans des conditions qui ne favorisent pas la réussite. La nature des jobs joue aussi beaucoup. Les étudiants les plus aisés mettent à profit leurs étés pour travailler, mais sous forme de stages ou de jobs dans de grandes entreprises ou des institutions culturelles par exemple, des choses que l’on peut plus facilement valoriser sur un CV qu’un emploi étudiant à l’année dans un supermarché ou dans la restauration rapide.

Contre la polarisation du marché du travail, d’où viennent les « bons » emplois ? (D.Acemoglu)

https://www.project-syndicate.org/commentary/automation-vs-job-creation-by-daron-acemoglu-2019-04/french

Les conséquences économiques de l’automation par R.Skidelsky (ECE 1)

https://www.project-syndicate.org/commentary/automation-impact-jobs-unemployment-by-robert-skidelsky-2019-09/french

Les conséquences économiques de l’automatisation

LONDRES – À l’heure où le Brexit mobilise l’attention des médias au Royaume-Uni et ailleurs, la marche silencieuse de l’automatisation se poursuit. La plupart des économistes considèrent cette tendance comme positive, s’attendant à voir la technologie faire disparaître de nombreux emplois à court terme, mais en créer de nouveaux et de meilleurs à long terme.

La destruction d’emplois est aujourd’hui claire et directe, les entreprises automatisant les convoyeurs d’usine, le paiement dans les supermarchés, pour ne conserver qu’une dixième des employés à des postes de superviseurs, et licencier tous les autres. C’est la suite des événements qui apparaît beaucoup moins évidente.L’argument économique habituel consiste à considérer que les travailleurs affectés par l’automatisation perdront dans un premier temps leur emploi, mais que la population dans son ensemble verra par la suite ces pertes compensées. L’économiste et lauréat du prix Nobel Christopher Pissarides ainsi que Jacques Bughin du McKinsey Global Institute affirment ainsi que l’augmentation de productivité permise par l’automatisation engendrera « une croissance économique plus rapide, des dépenses de consommation plus élevées, une demande supérieure en main-d’œuvre, et par conséquent une plus forte création d’emplois ».Cette théorie de la compensation apparaît cependant beaucoup trop abstraite. Pour commencer, il convient d’établir une distinction entre les innovations qui réduisent la main d’œuvre et celles qui la développent. L’innovation en matière de produits, par exemple, telle que l’arrivée de l’automobile ou du téléphone portable, vient accroître la main d’œuvre. Par opposition, l’innovation en matière de processus, ou l’introduction d’une méthode de production optimisée, vient réduire le besoin en main d’œuvre, puisqu’elle permet à une entreprise de produire la même quantité de produits ou services existants en employant moins de travailleurs.Il est certes possible que les nouveaux emplois créés par l’innovation en matière de produits soient compensés par un « effet de substitution », le succès d’un nouveau produit conduisant à l’inutilité d’un effectif employé dans la production d’un ancien produit. Le grand défi concerne toutefois l’innovation en matière de processus, qui se contente de déplacer des emplois sans en créer de nouveaux. Si l’innovation liée aux processus devient dominante, seuls des mécanismes compensatoires pourront contribuer à empêcher l’augmentation du chômage, ou ce que l’économiste britannique David Ricardo a appelé la « redondance » des individus.Plusieurs mécanismes de ce type existent. Premièrement, l’augmentation des bénéfices conduira à davantage d’investissements dans les nouvelles technologies, et par conséquent à des nouveaux produits en plus grand nombre. Par ailleurs, la concurrence entre les entreprises entraînera une baisse générale des prix, augmentant ainsi la demande en produits et donc en main d’œuvre. Enfin, la réduction des salaires engendrée dans un premier temps par le chômage technologique élèvera la demande en travailleurs, et conduira au retour à des méthodes de production à plus forte intensité de main d’œuvre, qui absorberont les travailleurs redondants.

La vitesse à laquelle opéreront ces mécanismes de compensation dépendra de la facilité avec laquelle le capital et le travail circuleront entre les différentes professions et régions. L’apparition de technologies réductrices de main d’œuvre entraînera une baisse des prix, mais réduira également la consommation du côté des travailleurs devenus redondants. La question est alors de savoir quel effet sera le plus rapide. Les économistes keynésiens pensent que la baisse de demande en produits résultant du chômage précédera et par conséquent primera sur la réduction des prix résultant de l’automatisation, et que ceci conduira à encore davantage de chômage, du moins à court terme.

Par ailleurs, même si ces disparitions d’emplois se limitaient à un phénomène de court terme, l’effet cumulatif d’une série d’innovations réductrices de main d’œuvre pourrait avec le temps engendrer un chômage à long terme. De plus, un mécanisme efficace d’ajustement des prix présuppose la prévalence générale de la concurrence. Or, sur un marché oligopolistique, une entreprise peut choisir d’user des économies de coûts pour booster ses bénéfices plutôt que pour réduire les prix.Les considérations de ce type renforcent la vision contemporaine selon laquelle les bienfaits de l’automatisation existent sur le long terme, la « redondance » étant vouée à augmenter au cours d’une « période de transition ». Mais si cette transition est elle-même vouée à durer plusieurs décennies, comme l’estime un récent rapport du McKinsey Global Institute, il n’est pas surprenant que les travailleurs se disent sceptiques face à cet ensemble d’arguments compensatoires.Pour Karl Marx, ces processus compensatoires n’existent pas, que ce soit à court ou à long terme. L’histoire qu’il raconte ne se termine pas sur une fin heureuse pour les travailleurs, du moins pas sous le règne du capitalisme.Selon Marx, la concurrence contraint les entreprises dans leur individualité à investir autant de bénéfices que possible dans des machines économes en main d’œuvre, c’est-à-dire dans la réduction des coûts. Le développement de la mécanisation ne bénéficie toutefois pas aux capitalistes en tant que classe. Certes, le premier entrant jouit d’un avantage temporaire, surfant sur des « courbes de coûts moyens décroissantes », comme l’explique Joseph Schumpeter dans son ouvrage Histoire de l’analyse économique, et annihilant au passage les entreprises plus fragiles. Mais la concurrence diffuse ensuite les nouvelles technologies, ce qui élimine rapidement les superprofits temporaires.Le rétablissement du taux de profit nécessite selon Marx une « armée de réserve de chômeurs » de plus en plus nombreuse. Il écrit par conséquent que la mécanisation « jette les ouvriers sur le pavé ». Pour Marx, le chômage est par nature essentiellement technologique. Et si l’armée de réserve peut être absorbée dans la main d’œuvre en périodes de sursaut de prospérité, son existence continue conduit à une paupérisation croissante à long terme.Ainsi, selon Marx, la séquence d’événements à long terme se situe à l’opposé exact de la vision orthodoxe : la mécanisation engendre une prospérité fébrile à court terme, au prix d’une dégradation à long terme.Les effets redistributifs de l’évolution technologique occupent depuis bien longtemps les discussions entre économistes. Dans son ouvrage de 1932 La Théorie des salaires, John Hicks développe l’idée de l’innovation induite. Il considère que des salaires plus élevés, en menaçant le taux de profit, risquent de conduire les entreprises à économiser du côté de la main d’œuvre, puisque ce facteur de production devient relativement plus coûteux. L’automatisation de l’économie ne constitue donc pas simplement le résultat d’une puissance de calcul accrue, dans l’esprit de la loi de Moore, mais dépend de changements dans le coût relatif du travail et du capital.Ce sont là des arguments techniquement complexes. Mais la théorie économique nous fournit à l’évidence pas de réponse claire à la question des effets à long terme du progrès technologique sur l’emploi. La meilleure conclusion que nous puissions tirer consiste à estimer que l’impact dépendra de l’équilibre entre les innovations associées aux produits et les innovations liées aux processus, ainsi que de facteurs tels que l’état de la demande, le degré de concurrence sur le marché, sans oublier l’équilibre de pouvoir entre le capital et le travail.Les gouvernements peuvent intervenir dans tous ces domaines majeurs. Même si l’automatisation s’est historiquement révélée bénéfique à long terme, les décideurs politiques ne doivent pas en ignorer les effets perturbateurs à court terme. Car c’est toujours dans le court terme que se produisent les drames de l’histoire.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Robert Skidelsky, membre de la Chambre des Lords britanniques, est professeur émérite