Questions sur le programme de Terminale (pour les enseignants du VR)

Objectif du programme : – Comprendre qu’une croissance économique soutenable se heurte à des limites écologiques (notamment l’épuisement des ressources, la pollution et le réchauffement climatique) et que l’innovation peut aider à reculer ces limites

Question de Julien : cela revient-il à opposer théorie de la soutenabilité faible et soutenabilité forte ?

Je ne suis pas certain qu’il faille mobiliser ces deux notions (sauf à démontrer que les politiques environnementales vont aller chercher un entre-deux). Ni l’approche en terme de soutenabilité forte, ni celle en terme de soutenabilité faible ne peuvent apporter une réponse aux problèmes écologiques contemporains : l’approche en terme de soutenabilité forte induit une destruction immédiate d’une grande partie du stock de capital associé à une activité de production « sale » (aucune société ne sera prête à un tel sacrifice), tandis que l’approche en terme de soutenabilité faible s’appuie uniquement sur la capacité d’innovation pour répondre aux enjeux contemporains sans se donner d’objectifs de court terme en particulier en termes d’émission de GES (on peut aussi choisir de poser les limites de ces deux approches en étape de sensibilisation du chapitre). A mon avis, mais bien sûr cela peut se discuter, il faut rester dans le programme en montrant que l’activité de production provoque un épuisement des ressources (les énergies fossiles, dont le prix relatif devrait augmenter, mais aussi les biens communs victimes de la tragédie des communs), pollue (et plus généralement détruit les écosystèmes et la biodiversité), et provoque des émissions de GES qui s’accumulent dans l’atmosphère (conséquence= instabilité climatique). On peut ensuite montrer que pour faire reculer ces limites, dont certaines sont intenables (on peut vivre sans pétrole mais pas avec une température moyenne de 40° celcius), l’innovation joue un rôle important puisqu’elle peut modifier les procédés de production, la manière d’organiser le travail, la distribution des produits et les produits eux-mêmes, c’est-à-dire que l’innovation va transformer le système productif et la consommation. Il faut alors se demander comment inciter à davantage d’innovation (c’est un point en partie abordé avant dans le programme mais il ne suffit pas d’avoir des droits de propriété pour stimuler les investissements propices à la transition énergétique, il faut aussi inciter les agents par des réglementations (j’inclue dedans les quotas d’émission), des taxes, des subventions (pour faire baisser le coût unitaire de production), ou même par l’action de la banque centrale et la politique monétaire  (je renvoie aux travaux de M.Aglietta sur le type d’actifs que la banque centrale peut accepter lorsqu’elle refinance les banques = si ces actifs sont adossés à des investissements verts alors cela peut inciter les banques à les financer). Un exercice intéressant avec les élèves serait de montrer que les choix politiques diffèrent d’une société à l’autre : par exemple, les suédois mettent bcp l’accent sur la taxe carbone alors qu’en France cette taxe n’est pas présente dans les propositions faites par la Convention citoyenne sur le climat.

Objectif du programme : Comprendre l’internationalisation de la chaîne de valeur et savoir l’illustrer. 
Question de Julien : Cela revient-il à comprendre la Division Internationale du Processus de Production ?

Le découpage de la CV est aussi bien national que mondial = il répond à une logique d’externalisation de certaines tâches. Lorsque le découpage de la chaîne de valeur est mondial (en fonction des avantages comparatifs des territoires), il conduit à faire appel à des sous-traitants ou bien à des filiales (IDE verticaux) à l’étranger. Il induit l’essor de l’échange de biens/services intermédiaires (vs l’idée de produits finis qui est peut être plus présente dans la notion de DIPP). L’essor de la CVM permet à un territoire émergent de se spécialiser dans une seule tâche de processus de production plutôt que dans l’ensemble d’un produit. Il suffit d’être compétitif sur une seule tâche pour s’insérer dans les échanges mondiaux. En se spécialisant dans cette tâche, les entreprises bénéficient d’économie d’échelle, ce qui renforce leur compétitivité. L’importance de la CVM explique pourquoi la mondialisation commerciale ne s’est pas effondrée après 2008, ni même après les mesures protectionnistes prises par l’administration Trump. Elle explique aussi pourquoi les importations dans les PDEM sont finalement assez peu sensibles aux variations de taux de change (car la variation du taux de change pèse peu face aux écarts de coûts unitaires de production). La CVM concerne par ailleurs de plus en plus les services.

Je vous mets en PJ quelques documents intéressants
Objectif du programme: Comprendre comment le numérique brouille les frontières du travail (télétravail, travail / hors travail), transforme les relations d’emploi et accroît les risques de polarisation des emplois. 
J’avais fait l’année dernière une intervention dans la cadre du PAF sur ce thème, le fichier ppt est téléchargeable
Je mets en document, deux chapitres d’un ouvrage co-écrit avec mon collègue M.Sarzier, sorti chez Bréal « Travail et emploi au 21ième siècle » :
D’autres documents intéressants :