La difficile lutte contre la déflation au Japon

Deux articles des Echos à propos de la déflation au Japon et de l’échec des politiques économiques pour en sortir:

Japon : inflation et consommation toujours en berne

Les Echos Le 27/12 à 08:09Mis à jour à 08:17

Baisse des prix et de la consommation pour le neuvième mois consécutif, légère remontée du chômage… L’économie japonaise est restée à la peine en novembre.

Quatre ans exactement après la mise en oeuvre des « Abenomics » et en dépit du vent d’optimisme qui a conduit récemment le gouvernement et la banque centrale à relever leurs anticipations sur l’activité , l’économie japonaise reste à la peine. Et les derniers chiffres publiés ce mardi continuent de dépeindre un tableau contrasté de l’état de santé de l’archipel.

A commencer par la situation des prix à la consommation, dont la faiblesse récurrente est au centre de l’action du gouvernement de Shinzo Abe. En novembre, hors produits périssables, les prix à la consommation ont affiché leur neuvième mois de repli en rythme annuel. Affichant, tout comme en octobre, une baisse de 0,4% sur 12 mois.

Un repli largement imputable à l ‘énergie et à l’alimentation puisque, si l’on exclut ces deux postes de dépenses, les prix affichent une progression annuelle de 0,1%. Et même si la hausse atteint 0,5% si l’on tient compte des produits périssables, l’objectif de 2% d’inflation visé par la banque centrale et le gouvernement apparaît toujours bien illusoire .

Et comme visiblement, pour Shinzo Abe, une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, la consommation des ménages japonais a encore reflué en novembre, là encore pour le neuvième mois consécutif. Elle baisse de 1,5% sur un an, un recul plus prononcé que la baisse de seulement 0,4% d’octobre, qui avait laissé espéré une amélioration de la situation.

Le chômage autour de ses plus bas niveaux depuis 20 ans

Une baisse qui montre bien que les Japonais restent prudents, en dépit d’une situation de l’emploi qui reste favorable : bien qu’il soit remonté de 0,1 point en novembre, à 3,1% de la population active, le taux de chômage continue de naviguer autour de ses plus bas niveaux en 20 ans.

Et les chances d’être embauché demeurent élevées puisque, selon les chiffres publiées par le ministère du Travail, il y a en moyenne dans l’archipel 141 offres d’emploi pour 100 demandes (140 en octobre). Du jamais vu en un quart de siècle, a précisé le ministère.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/0211635847392-japon-inflation-et-consommation-toujours-en-berne-2052989.php#tpOQYkxK5MxwkmfZ.99

La Banque du Japon a échoué à réveiller l’inflation

Yann Rousseau Le 01/11 à 09:04Mis à jour à 19:59


La banque centrale repousse encore une fois son objectif d’inflation. Elle n’avoue pas son échec de peur de déstabiliser les marchés

Le 7 octobre dernier, la Banque du Japon (BoJ), présentant son dernier relevé de comptes, affichait à son bilan un volume d’obligations japonaises proche du cap phénoménal des 400.000 milliards de yens (3.465 milliards d’euros) qu’au­cune autre grande banque centrale n’avait jamais osé tutoyer. Par comparaison, la Réserve fédérale américaine ne détient « que » 2.463 milliards de dollars (2.241 milliards d’euros) de bons du Trésor américain.

Ce mardi, la BoJ, qui amasse déjà 40 % de la totalité des obligations souveraines japonaises en circulation, a indiqué, à l’issue de son conseil de politique monétaire, qu’elle allait continuer à acheter de la dette publique, un programme initié en 2013. « Nous allons poursuivre les ajustements nécessaires pour maintenir une dynamique permettant d’atteindre notre objectif d’une hausse des prix à 2 % », a assuré, mardi, son gouverneur, Haruhiko Kuroda, après la réunion. Le cadre a toutefois perdu de son assurance.

Pari perdu

Après plus de trois ans d’ef­forts, la banque a échoué à ré­veiller l’inflation au Japon. En 2013, Haruhiko Kuroda promettait d’atteindre 2 % de hausse des prix dans les deux ans. En 2014, puis en 2015, il a repoussé ce calendrier. Désormais, il explique que l’objectif pourrait être approché durant l’année fiscale qui s’achèvera au printemps… 2019, après la fin de son mandat à la tête de la banque centrale.

Depuis sept mois, les prix, qui avaient artificiellement progressé à la suite d’une hausse de TVA et d’une chute du yen, ont pourtant repris leur mouvement baissier. En août, l’indice des prix à la consommation, calculé sans tenir compte des denrées périssables, a encore ac­cusé une baisse, en glissement annuel, de 0,5 %. En septembre, le rythme de chute a probablement été similaire, avancent les experts. « Il faut beaucoup de temps pour éradiquer l’état d’esprit déflationniste qui a pesé sur l’économie pendant quinze ans », a regretté le gouverneur, pointant les hésitations des en­treprises.

Timide rebond

S’ils anticipent un timide rebond de l’inflation en 2017, du fait de la légère hausse des prix de l’énergie, les analystes ne croient plus aux projections de la banque centrale. « Les anticipations d’inflation n’ont pas beaucoup progressé et la BoJ a épuisé ses options », résume Ryutaro Kono, le chef économiste de BNP Paribas. Il est convaincu que la BoJ a compris son échec mais agite encore la cible des 2 % pour ne pas effrayer les marchés. Si l’institution donnait le sentiment qu’elle renonce à sa politique monétaire accommodante, le yen bondirait, au grand désespoir des entreprises.

Yann Rousseau

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