Balance commerciale de la France (Les Echos)

Un petit article sur la balance commerciale française et son évolution récente. Deux points intéressants. Tout d’abord, concernant la « facture énergétique ». J’ai peu insisté sur ce point en cours, mais il faut avoir en tête que la France importe une partie importante de l’énergie qu’elle utilise (pétrole, gaz …) et donc que cela pèse structurellement sur ses exportations. D’autre part, ce papier souligne que les importations de biens d’équipement des entreprises ont augmenté en 2015/2016: cela signifie que les entreprises françaises sont en train de procéder à une amélioration de leurs outils de production et donc à une montée en gamme. Le déficit courant est donc (peut être) le signe avant coureur d’une amélioration de la compétitivité hors prix de l’économie française.

http://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/0211356705084-le-deficit-commercial-devrait-se-creuser-en-2017-2032902.php#xtor=EPR-7-%5Bmatinale%5D-20161006-%5BProv_%5D-2180265%402

Une légère dégradation est anticipée par Bercy, à près de 50 milliards d’euros, en raison notamment de la hausse attendue de la facture énergétique. Le déficit hors énergie atteindrait 20 milliards d’euros l’an prochain.

Pour la dernière année du quinquennat de François Hollande, la performance du commerce extérieur français ne s’annonce pas particulièrement brillante. Dans le ­rapport économique, social et financier du projet de loi de finances pour 2017 , Bercy indique prévoir une légère dégradation de la balance commerciale de biens, le déficit étant anticipé à 48,9 milliards d’euros, contre 45,3 milliards prévus cette année. Le ministère explique ce creusement du déficit par « l’effet du Brexit et une nouvelle dégradation du solde commercial énergétique en lien avec la remontée des prix du pétrole ». La Grande-Bretagne est en effet le partenaire commercial avec lequel la France enregistre l’excédent le plus fort. La chute récente de la livre sterling pourrait faire des dégâts.

Réformes inopérantes

Les exportations françaises de biens devraient progresser de 3,5 % grâce à la demande mondiale adressée à la France qui accélérerait, « portée par le rebond américain et des importations dans les économies émergentes ». Quant aux importations, elles grimperaient aussi plus vite, de l’ordre de 4,3 % malgré le ralentissement anticipé de la consommation des Français l’an prochain. Depuis le printemps dernier, la progression des importations et des exportations a été largement revue à la baisse par les économistes du Trésor. La raison est simple : comme l’a récemment indiqué l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le commerce international ne croît plus aussi vite qu’auparavant.

image: http://www.lesechos.fr/medias/2016/10/06/2032902_le-deficit-commercial-devrait-se-creuser-en-2017-web-tete-0211361986300.jpg

Le déficit commercial devrait se creuser en 2017

Ensuite, avec la baisse du prix de l’or noir, entre 2014 et 2016, la facture énergétique de l’Hexagone a reculé d’environ 24 milliards d’euros. Mais 2017 devrait marquer une inflexion avec la remontée attendue de baril. Conséquence, le commerce extérieur devrait une nouvelle fois peser sur le PIB français en amputant la croissance de 0,2 point en 2017. Les réformes comme le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), ou encore le pacte de responsabilité ou la loi travail n’ont donc pas encore eu les effets escomptés. Bercy table seulement sur une légère baisse du déficit commercial hors énergie, qui passerait de 21 milliards d’euros en 2016 à 20 milliards d’euros en 2017, malgré la petite appréciation récente de la monnaie unique.

Mais l’institut COE-Rexecode est, lui, un peu plus pessimiste que Bercy puisqu’il table sur un déficit commercial légèrement supérieur à 50 milliards d’euros en 2016 et aux alentours de 58 milliards l’an prochain. « La dégradation du solde commercial en 2017 proviendra en majeure partie de la remontée attendue du prix du pétrole et de l’alourdissement de la facture pétrolière qui en résultera, environ 5 milliards d’euros selon nos prévisions », précise Denis Ferrand, directeur général de COE-Rexecode. « Mais une autre partie du creusement du déficit s’explique par la nature de la croissance française. Celle-ci est et sera fortement tirée encore l’an prochain par l’investissement des entreprises, particulièrement fort dans les biens d’équipement souvent importés », poursuit-il. En étant optimiste, on peut donc se dire que la hausse du déficit pourrait être un préambule à une amélioration future de la compétitivité, les entreprises ayant investi pour monter leur production en gamme.

G. C, Les Echos
@gcalignon
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